Votre club/entreprise a déjà un photographe bénévole ? Tant mieux. Mais lisez quand même ça.

Il y a quelques semaines, je contacte le président d'un club de sport collectif de la région. Je préfère ne pas dire quel sport pour ne pas le mettre dans l’embarras :-)

Le sport collectif (surtout celui dont je parle !), c'est photogénique. Les équipements, l'intensité des matchs, la cohésion d'équipe, les contacts — c'est le genre d'univers qui se prête naturellement à de beaux portraits. Des portraits stylés, bien éclairés, bien cadrés. Le genre d'images qui donnent envie de rejoindre un club, qui font briller les yeux des joueurs, qui font la fierté des familles.

Mon idée était simple : je propose une séance portraits studio pour toute l'équipe. 20 % des ventes reviennent directement au club. Pas de sortie de caisse, pas de risque, pas de travail supplémentaire pour les dirigeants. Juste des recettes qui tombent — et en prime, une image de club qui monte d'un cran.

Le président m'écoute. Il est intéressé, ça se sent.

Puis il marque une pause.

"C'est que… on a déjà un photographe partenaire."

Ah. Un partenaire. Voilà qui change les choses.

"Il vient à tous les matchs, il fait des photos, il nous les envoie."

Bien. Et en échange ?

"En échange… rien. Ça lui fait plaisir. On met son nom dans les crédits."

Je reformule, doucement :

"Si je comprends bien — ce n'est pas un partenariat. C'est du bénévolat."

Silence gêné.

"Oui… mais c'est installé. C'est pratique. Et puis on ne voudrait pas le vexer."

On ne voudrait pas le vexer.

Donc, si je suis bien le raisonnement : le club s'interdit de faire entrer plusieurs centaines d’euros dans ses caisses, pour ne pas froisser quelqu'un qui donne son temps gratuitement et en est visiblement très heureux.

Ce bénévole a vraiment beaucoup de chance. 😊

Soyons clairs : le bénévole n'est pas le problème.

Il aime la photo, il aime le club, il donne de son temps. C'est formidable, sincèrement. Le bénévolat est une valeur que je respecte profondément.

Mais confondre bénévolat et partenariat, c'est une erreur qui coûte cher — même quand elle part d'une bonne intention.

Le noir et blanc, c’est pas courant. Et ça fait son effet !

Un partenariat, c'est un échange à valeur égale. Chacun apporte quelque chose, chacun en retire quelque chose. Ce que je proposais au club, c'était exactement ça : mon expertise, mon matériel, mon temps — contre une visibilité et une commission sur les ventes. Personne ne sort perdant. Tout le monde y gagne.

Un bénévole, lui, donne sans attendre de retour financier. C'est admirable. Mais ça ne remplace pas une stratégie d'image. Et les photos de match, aussi belles soient-elles, ne génèrent pas les mêmes recettes qu'une séance portraits bien pensée.

L’affiche officielle de saison c’est plus qu’un simple portrait


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Parfois, les meilleures photos sont celles qu'on ne prend pas